L’increvable

Facade increvable

C’est en démontant toutes sortes de machines que Julien Phedyaeff a trouvé sa vocation. Son « increvable », présenté à l’Observeur du Design 2015 organisé par l’APCI (Agence pour la promotion de la création industrielle), constitue une nouvelle façon de penser le lave-linge. Avec ce concept, le jeune designer entend apporter des solutions originales aux principaux problèmes durant le cycle de vie d’un lave-linge, dont le plus redoutable : la panne. Et certaines de ses idées pourraient ne pas plaire aux fabricants !

L'increvable

L’ECO-CONCEPTION POUR TOUTE UNE VIE

Une alternative aux dérives de l’obsolescence programmée. L’INCREVABLE a été imaginée pour répondre à une nouvelle façon de concevoir et de consommer des produits. Prenons l’exemple d’un produit que vous pouvez trouver dans toutes les maisons : le Lave-linge. Aujourd’hui, le coût moyen d’un lave-linge est de 350 €. Même s’il a diminué au fil des temps, le coût de réparation d’une telle machine a lui augmenté de 125% au cours des 20 dernières années. Faire réparer sa machine devient donc prohibitif. Pour le même prix, il est plus intéressant d’acheter un nouveau matériel équipé des dernières technologies.

Pour remédier aux dérives de l’obsolescence programmée et à la culture du prêt-à-jeter, il existe une solution : l’Eco-conception. Lors de la conception du produit, vous prenez en compte ses différentes étapes de vie intégrant réparation et recyclage, le rendant ainsi plus efficient. Chaque pièce est amovible, changeable et recyclable.

Démonter est le premier pas qui permet d’être acteur vis-à-vis des objets, de se les réapproprier. Mais les clips en plastique sur les cuves des lave-linge, qui permettent un montage rapide sur les chaînes d’usines, les rendent quasi impossibles à démonter. Et donc à réparer. Du coup, personne ne le fait.

Chaque partie étant indépendante, il n’est plus nécessaire de changer tout l’appareil à cause d’un ridicule composant grillé sur un circuit imprimé qui n’est plus produit.

 

Révolutionner les modèles de consommation

l'increvable

Le logiciel de l’increvable est connecté et peut être mis à jour, par exemple pour tenir compte de nouvelles normes d’économies d’énergie. On peut même imaginer qu’au fur et à mesure des progrès technologiques, de nouvelles pièces plus performantes ou encore plus fiables puissent être proposées, permettant à tout un chacun de se monter un lave-linge unique, au gré de ses envies ou de ses ressources du moment. La « personnalisation » a également ses avantages d’un point de vue purement esthétique. Le blanc n’a plus la cote ou va très mal dans la nouvelle maison ? Il suffit alors de changer la façade. Le hublot est rayé ou une nouvelle teinte plus actuelle est disponible ? Il ne reste qu’à passer commande.

 

Incroyable ! C’EST POUR QUAND ?

Vous n’y croyez pas et c’est compréhensible. Vous vous demandez d’ailleurs où sont les failles… Eh bien justement, les voilà. Tout d’abord, la machine n’est encore qu’un prototype. Il reste beaucoup à faire, notamment pour définir la mise au point technique. Par exemple, avoir un réservoir d’eau de 30 kilos pour lester la machine, c’est très bien, mais il faut trouver le moyen de garantir une étanchéité totale.

Autre hic : le financement. Si l’idée séduit de nombreux fidèles, l’Increvable ne pourra voir le jour sans investisseurs. Des investisseurs qui ne seront évidemment pas les géants de l’industrie qui s’empressent de trouver une parade au progrès.

Un objet durable vient perturber le système, il demande aussi un changement de la part des consommateurs.

L’une des autres conditions à la commercialisation de la machine « éternelle » demeure en effet dans la volonté des utilisateurs à mettre les mains dans le cambouis pour faire des économies.

Quel sera le prix d’une telle denrée rare? Il sera comparable à celui des machines se trouvant au début du marché haut de gamme, soit autour de 900 euros. L’Increvable sera plus chère que la machine à laver moyenne, mais plus abordable que les modèles plus haut de gamme.

Pour suivre la folle épopée de l’Increvable, c’est par !

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