Invaders

Space invaders

Depuis 1998, Invader sème ses mosaïques dans les villes du monde entier: Londres, Los Angeles, Tokyo, New York, Bangkok mais d’abord Paris, la ville où il a le plus sévi.

Ces petites mosaïques discrètes sont présentes un peu partout dans Paris. Sorte de tags de luxe, elles sont situées à quelques mètres de hauteur et réalisées avec soin. Les couleurs peuvent varier mais le dessin représente toujours les aliens d’un célèbre jeux vidéo des année 80: Space Invaders.

Space Invader propose un art urbain unique. Soldat solitaire d’une armée dont il est l’unique fantassin, c’est en franc-tireur qu’il intervient dans nos villes. Son art de la guerre s’apparente à de la guérilla urbaine mais ses attaques sont pacifistes: elles se résument à coller des mosaïques un peu partout.
Un peu partout ? Pas autant que ça, car ses frappent sont stratégiques. Toutes les mosaïques sont minutieusement choisis selon divers critères qui peuvent être esthétiques, stratégiques ou conceptuels. Par exemple la fréquentation : l’artiste avoue avoir un penchant pour les sites où les gens affluent, mais aussi pour des recoins plus cachés.

A Montpellier les envahisseurs sont placés de manière à faire apparaitre en vue aérienne un grand space invader lorsqu’on les relie entre eux. Les grands boulevards de Paris ou les artères de Los Angeles deviennent alors les circuits imprimés d’un jeu de rôle qui prend des dimensions planétaires. L’invasion est un mode d’action artistique autant qu’un mode de vie.

space-invaders._Montpe

« Je ne suis pas en guerre. Je suis dans une logique épidémique planétaire. Ces petits aliens ont été créés pendant la guerre froide c’est vrai mais aussi avec les premiers ordinateurs, j’aime cette rudimentarité technologique. Cela fait ressortir l’élément fondateur de toute image numérique : le pixel.
Ma vie est étroitement liée à l’art, je ne la conçois pas autrement et c’est ce qui m’a mené aux Space Invaders. Les Space Invaders m’ont ensuite amené à découvrir la scène et la culture graffiti. Il y a des choses très intéressantes dans cette culture. J’aime l’idée d’engagement total que suppose le graffiti, c’est quelque chose de très intense que je ressens également à mon niveau, c’est une mission que l’on vit de manière solitaire et totale. Ce projet demandait un investissement total et je lui ai donné, je lui donne toujours car il n’est pas arrivé à son terme. »

Contrairement à l’affiche ou à la peinture, la mosaïque a ce côté inaltérable. Au XVe siècle, dans les églises, beaucoup de peintures religieuses étaient remplacées par des céramiques pour mieux résister aux diverses intempéries…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.